Marwan Rashed reçoit la médaille d'argent du CNRS, qui distingue des chercheurs et des chercheuses pour l’originalité, la qualité et l’importance de leurs travaux, reconnus sur le plan national et international.

Professeur de philosophie à Sorbonne Université, directeur du Centre Léon Robin (CNRS / Sorbonne Université) et membre correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, Marwan Rashed vient de se voir décerner la médaille d’argent du CNRS. Cette distinction récompense des chercheurs dont les travaux sont reconnus, sur les plans national et international, pour leur originalité, leur qualité et leur importance.

Historien de la philosophie, Marwan Rashed consacre ses recherches à l’étude des traditions philosophiques grecque et arabe, des présocratiques jusqu’aux penseurs de l’Islam classique. Ses travaux couvrent près de deux millénaires d’histoire intellectuelle et portent notamment sur la logique, la physique, la cosmologie et la métaphysique. À travers une approche qui associe l’étude des manuscrits à l’analyse philosophique des doctrines, il s’attache à comprendre la circulation des textes, l’évolution des systèmes de pensée et les conditions de leur transmission.

Recruté à Sorbonne Université en 2013 comme professeur d’histoire de la philosophie grecque, il y a également créé un parcours consacré à l’histoire de la philosophie arabe. Ses recherches se caractérisent par une attention constante aux interactions entre philosophie, théologie et sciences, ainsi qu’aux phénomènes d’acculturation intellectuelle dans l’espace méditerranéen.

Au cours de sa carrière, Marwan Rashed a mis au jour et édité de nombreux textes philosophiques que l’on croyait perdus. Une partie de ces découvertes a été présentée dans L’Héritage aristotélicien. Textes inédits de l’Antiquité (Les Belles Lettres, 2016). Il est également l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à Platon, Aristote, à leurs commentateurs et aux traditions philosophiques antiques et médiévales.

Ses travaux ont notamment contribué à renouveler la compréhension de la tradition aristotélicienne. À travers la notion d’« aristotélisme possible », il a montré comment les commentateurs antiques, byzantins et arabes ont développé des potentialités présentes dans l’œuvre d’Aristote, participant ainsi à la transformation et à l’enrichissement de son héritage intellectuel.

Directeur de la collection « Philosophies » aux SUP, Marwan Rashed y a publié en 2017 La Jeune Fille et la Sphère. Études sur Empédocle. Fondé sur une enquête philologique approfondie, l’ouvrage propose une nouvelle interprétation de la pensée du philosophe d’Agrigente et de son Cycle cosmique, l’une des constructions les plus influentes de la philosophie antique.

Engagé dans le débat public sur l’histoire des savoirs, Marwan Rashed souligne également l’importance de prendre en compte l’apport des sciences et de la philosophie arabes dans la formation de la rationalité européenne. Comme il le rappelle à l’occasion de cette distinction : « Il n’y a pas de philosophie sérieuse sans histoire sérieuse de la philosophie, et cette histoire se rit des périodisations traditionnelles. »

 

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